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La ruche de pierre Fort Boyard c’est, bien sûr, un des jeux télévisés les plus connus au monde. Mais derrière les caméras, il y a une machine bien huilée gérée par l’entreprise française Anabase Production. Par Andrée Harvey
(Fort Boyard, France, 2 juillet 1998). La nuit, Fort Boyard est déserté. Seul Pierre, le gardien de nuit, veille au grain lui qui s’endort chaque soir au son du clapotis des vagues. Au petit matin, Pierre troque son rôle de gardien contre celui de grutier : du haut de sa grue, il active la nacelle qui sert au transbordement des 110 employés d’Anabase Production qui, chaque jour, «envahissent» le fort et le transforment en véritable ruche. Français pour la plupart, ces artisans de la télé s’affairent toute la journée pour faciliter la tâche aux équipes de télé étrangères. Anabase c’est, bien sûr, les personnages connus des téléspectateurs: le père Fouras, les nains Dédé et Alain, Jaba le pirate, la Boule, le Major, l’Homme fort, la Lutteuse, etc. Mais c’est aussi une foule de gens qui travaillent dans l’ombre, dont un médecin, deux cuisiniers, cinq serveuses, quatre marins, trois animaliers, deux plongeurs-caméramen, un concepteur de jeux et épreuves, une floppée de techniciens (caméramen, preneurs de son), une réalisatrice et le producteur délégué, Pierre Godde, grand gourou de l’équipe.
Fort Boyard vit d’avril à juillet. En avril et mai, 30 à 60 personnes habillent le fort en y installant harnais, cordes et mousquetons pour les jeux et épreuves, caméras et moniteurs vidéo pour la régie, et installations domestiques pour la cafétéria. De mai à juillet, sept équipes viennent à tour de rôle tourner leur émission (France, Québec, Russie, etc) . Le fort atteint alors sa capacité maximum. La dernière semaine de juillet, une vingtaine de techniciens viennent tout démonter. Pendant les 8 mois qui restent, le fort subit alors une cure de rajeunissement (on pose des briques sur la toiture, on en vérifie l’étanchéité, on renforce des murs, etc.). Il en faut de l’entretien pour un bâtiment situé à plus de 30 minutes de bateau de la côte et soumis aux aléas des tempêtes de l’Atlantique.
Durant le tournage, les gens d’Anabase vivent dans de petites villas qu’ils louent dans le village de Fouras (à 40 minutes en bateau du fort). Après Fort Boyard, chacun retourne à ses occupations. Les nains réintègrent leur poste de fonctionnaires, le Major regagne sa ménagerie en banlieue de Paris, et les techniciens sont appelés sur d’autres productions. Il n’y a que le père Fouras qui continue à hanter le fort et qui, à l’occasion, croise le gardien de nuit... À suivre.
Prochain reportage : Bibittes vedettes
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Le père Fouras, le personnage le plus évocateur de la série.
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